14.03.2006
Delirium

Enveloppez vous de silence et d’obscurité, et laissez vous bercer par la voix sensuelle de Carla Bruni…
Tu es assis au fond de la salle, tu avale une nourriture que tu ne goûtes pas et tu respires difficilement dans cette atmosphère glauque et embrumée. Des rires et des chuchotements te parviennent des tables adjacentes, et tu promènes ton regard lentement, indifféremment sur ces scènes aux couleurs trop vives, trop criardes. On aurait dit que par leurs couleurs ces habits tentaient de sortir de la banalité et ces visages tentaient d’échapper à l’anonymat. Une music étouffée se mêle au brouhaha dans une mélodie indécise, indéfinie. Un bruit de fond, rien que ça. Un simple bruit de fond qui berce tes pensées et trompe ton impatience.
Tu es assis, tu manges mécaniquement, et tu jettes ton regard sans rien voir. Tu ne voit qu’elle, tu ne respires que pour elle. Tu n’attends qu’elle.
Et elle finit par se montrer.
Personne ne l’a annoncé. Elle n’en a pas besoin. Les deux ou trois notes jouées par Carlos ajustant les cordes de sa guitare ont suffit à plonger la salle dans un silence religieux.
Tu la voit qui avance vers le devant de la scène, se hisse sur le tabouret en face du micro et rejette ses mèches blondes en arrière. Une longue robe noire moulante, une fente, une jambe toute blanche. Et des yeux profonds qui balayent la scène d’un air absent. Tu as l’impression qu’ils hésitent un centième de seconde avant de t’envoyer rejoindre le reste de la salle dans le royaume de l’indifférence. Vous êtes indifférents les uns aux autres, et vous lui êtes tous indifférents.
Et elle entrouvre les lèvres pour laisser échapper deux mots, une mélodie…elle chante et on dirait qu’elle soupire. Oui, toi tu sens son soupir qui te brûle le cou, ses lèvres qui te chuchotent à l’oreille ce doux aveux d’amour. Tu en frissonnes…
Tu ressens presque la douce soie de sa robe se dérober sous tes doigts, sa voix se casser en prononçant ton prénom. Elle est si proche de toi que son odeur te colle à la peau, si fragile qu’elle craquerait sous le poids d’un mot, d’un battement de cil…et toi tu restes immobile.
Tu ressens cet infime muscle qui se raidit sur sa nuque, sa peau qui rosit légèrement avec ce crescendo qu’elle attaque. Tu voudrais être ce vernis couleur sang sur ses doigts, ce tatouage que tu devines sur son dos, cette douleur qu’elle chante et qui lui arrache une larme salée.
Et tu la désires.
Comme une déesse que tu voudrais profaner, une sorcière que tu veux guider au bûcher…comme ton amour.
Jour après jour tu es venu ici, tous les soirs pour la voir étaler ses blessures d’une voix écorchée et d’un visage de marbre. Et ainsi, tu viendras l’attendre tous les soirs. Pour le plaisir d’un instant de rêve, un espoir ou un regard.
19:50 Publié dans Echos in my head | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12.03.2006
English in life
Quand good morning se dit dans le café d’une gare, it is said with a large shining smile. The last directions given sur les marches encore humides des bâtiments de l’IAV. Des confidences déballées ine the line moving to the exam room, the gitting kidnapped by a charming, rayonnante jeune demoiselle. When friendship plants its roots in a couscous plate avec l’accueil d’une famille extraordinairement chaleureuse. Avec Macy Gray trying to say goodbye, and the photo album of an active association, et un jeune esprit libre et engagé.
Une belle journée ensoleillée que ce 10 Mars, durant laquelle j’ai finally understood how important was english in life.
12:50 Publié dans Petits plaisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Mon Tango
Un, deux, trois…une jambe, puis une deuxième. Des pas croisés, entrechassés. Je sens une main tendre mais ferme emprisonner ma taille et guider mon corps. Elle me maintient en équilibre, un équilibre fragile, menaçant et excitant. Je bascule en arrière, mes cheveux frolent le sol et la danse se gèle un instant presque interminable…
Deux corps suants qui se rejettent haineusement et de rapprochent lascivement. Le désir qui emplit l’air et scelle les mains dans une rage désespérée de vivre, et une profonde tristesse au fond des regards.
C’est ainsi que ça danse dans ma tête, tantôt lentement, tendrement, et tantôt farouchement, presque sauvagement. Et dans ce tourbillon fait de rêves et d’espoirs, je verse une poignée de réalité, une pincée de mon concentré d’amour et n soupçon de rancœur pour pimenter le tout.
On dirait que je suis passée de la piste de danse à la cuisine sans m’en rendre compte !!!
En tout cas, ce ne sont que des échos qui me parviennent de loin, que je repêche dans le déluge de mes pensées et que j’étale au soleil…à vos yeux.
12:30 Publié dans Echos in my head | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note