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23.06.2006

Episode 3 – chaud devant !!!

Warning: all events and characters contained in the following text are mere imagination. Any resemblance with reality is JUST a haphazard…believe me…

40° à l’ombre, un soleil que je sens à deux doigts de mon visage et une sueur qui coule en fines gouttelettes tout le long de mon échine.
Et cette chaleur ne fait qu’attiser une autre chaleur qui se dégage de mon corps.
Depuis deux jours j’ai pris la fameuse décision : je fais vœux d’abstinence !! Oui, je vais renoncer à tous ces petits plaisirs censurés auxquels je m’adonnais sans modération.
Mais faut dire que la saison est mal choisie pour cesser le feu, un feu qui se fait de plus en plus ardent depuis le début du printemps pour atteindre son pic là, sous ce beau soleil de juin !!!
Je longe les rues du Mâarif sous leurs regards coquins, leurs appels discrets et criants à la fois. Je me fais aveugle à leurs avances…et il faut dire qu’ils sont partout, en haut, en bas, à droite et à gauche…et là où tu poses l’œil tu en trouve un qui te lance un « viens bébé, prends moi…maintenant !!! »
Et j’ai un mal fou à me retenir, à aller dans l’autre direction…alors je m’approche en me promettant que ça ne dépassera pas un coup d’œil de 5 secondes. Un coup d’œil qui se mue en contemplation admirative puis en palpation prosternée. Et puis je finis dans leurs bras en me disant que c’est juste un câlin, un essai pas plus…mais je repars avec le pêcher dans les mains et le sourire de plénitude sur la face.
Mais là, faut bien que j’arrête…on est le 23 du mois et je ne peux pas me permettre un autre écart !!!
Alors je marche aussi vite que je peux. Mais il est encore là, et il m’appelle : « viens bébé, prends moi…maintenant !!! ». Il est encore là, ce fichu sac rouge d’une beauté exaspérante. Il me nargue dans mes allées et venues.
Et comme à chaque fois, je me dis que je vais jeter un tout petit coup d’œil, cette fois-ci je ne vais pas tomber dans le panneau. Ensuite je me permets de l’essayer, voir ce que ça donne sur mon épaule…et je me trouve tellement sexy avec ce rouge qui tranche sur le noir de ma chemise. Et je finis par succomber. Je sors du magasin, le pêcher dans les mains et le sourire de plénitude sur la face…
On est que le 23 du mois, j’ai déjà renoncé à mon vœu d’abstinence et mon compte en banque est à sec depuis longtemps déjà…

19.06.2006

Today... just another day

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Aujourd’hui je repense à mon anniversaire, et je me rends compte que c’est le premier depuis longtemps qui passe sans larmes et sans angoisse.
Cette année j’ai la paix dans l’âme.
Je suis comblée ou presque.
Et c’est fou ce qu’une présence, aussi minime soit-elle, aussi illusoire soit-elle, peut changer notre vie et notre vision de la vie.
Je me sens vieillie, calme, sereine et aussi riche que le lit d’une rivière. Là où l’eau a tracé son chemin en enfonçant des pierres de plus en plis profondément, là où elle a déposé ses biens accumulés au cours de sa longue traversée…
Je suis riche de toutes ces personnes qui peuplent mes jours et mes nuits. De ces cœurs et de ces âmes généreuses qui soutiennent calmement le rythme endiablé de mon existence… et patiemment ont attendu que je me relève pour me sourire avec bienveillance.
Aujourd’hui, c’est juste un autre jour qui s’en va. Un autre jour qui emportera un morceau de mes chagrins, pour laisser place à encore plus de bonheur.

16.06.2006

Episode 2 - Life must go on…

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Première sensation : du plomb dans la tête. Cette sensation toujours aussi bizarre de fusion avec un être nouveau dont je m’approprie le corps, le passé et les sens. Une première seconde d’adaptation et de calme avant le déluge de cette vie dans ma conscience ou le contraire…
« Tom… »
J’ouvre les yeux et ne vois qu’un oreiller vide.
« Tom, Tom…. »
Je tends le bras vers la commode à côté et je prends le verre gisant dessus que je vide dans mon gosier d’une seule traite. Il doit être presque midi à la vue des lueurs éclatantes qui se faufilent entre mes lourds rideaux.
Je me lève trébuchante vers mon sac à la recherche d’un paquet de cigarettes. Pourvu que cette fumée toxique apaise cette sensation d’étouffement, cette une main qui presse mon cœur et m’empêche de respirer.
Le psyché en face de moi me renvoi l’image d’un spectre démesurément long, démesurément blanc et démesurément abattu. J’en ai presque pitié de moi. Je n’aime pas ces tâches de rousseurs, mes cheveux trop fins et mes cils décolorés. J’aurais aimé avoir des formes comme elle, avoir le teint halé comme elle et lui plaire encore…comme elle.
Tout le monde m’envie pour la vie parfaite qu’ils m’attribuent. Personne ne m’accepterait faible et si fragile. Et j’en veux au monde d’en exiger autant de moi…
Je retourne dans mon lit géant et vide. Je me laisse accueillir par mes draps défaits et je plane encore…
Tant de questions sur l’amour, la fidélité, la vie… chez moi, le sens de la famille primait sur tout, la loyauté envers les siens.
Maintenant je me retrouve seule. Et je n’ai même pas le droit de montrer ma peine au monde parce qu’il ne guette que cela, la chute de la star !!
Que vais-je faire de ma vie ?
Ça va faire bientôt une semaine que je suis dans cette spirale, et j’ai juste envie de tout oublier, de tout effacer de ma mémoire et de celle des gens. Ma vie a été tellement exposée qu’elle en est devenue comme une maison en verre. Et moi qui croyais mes murs en pierre…
Ma maison s’est peut être effondrée, mais il me reste encore Isabella et Conor. Ils n’ont que moi au bout du compte…
Je me relève, je me mets en jean t-shirt.
J’offre ma peau au soleil et je cours vers ces deux bouts de choux, je n’ai qu’eux au bout du compte. Et la vie doit continuer…

12.06.2006

Episode 1 - Au nom de la démocratie

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J’ouvre les yeux difficilement, un éclat éblouissant m’aveugle. C’est à peine si je tiens sur mes jambes. Je me sens nager dans ces habits délavés qui égratignent ma peau. J’essai d’avancer et je sens mes épaules qui ploient sous un poids invisible.
Dans un premier temps, je ne vois que le noir comateux de ma chambre d’hôpital et cette voix qui me parvient en échos de loin… « Que la quête commence… »
Et puis les souvenirs me submergèrent. L’éclat d’une manifestation, des pamphlets distribués en cachette et le poing d’un agent de l’ordre sur ma figure…
Ensuite une éternité de moisissure dans deux mètres carrés. Des douches froides à minuit et des chiottes au bout du nez. Et ces nuits qui se mêlaient aux jours sans que je ne puisse distinguer l’un de l’autre. De longues longues minutes à me demander si mon tort était passible de cette torture.
J’y suis entré anonyme, et ainsi j’en ressors. Cette petite porte qui s’ouvre au cœur de cet énorme portail métallique pour laisser filtrer les anciens détenus au compte goutte, je la traversais pour les voir debout à quelques mètres de moi.
Latifa ma sœur ne tenait déjà plus sur ses jambes. Said luttait contre des larmes qui fuyaient malgré ses efforts désespérés pour les retenir. Et Mohamed mon grand frère avec une barbe blanche qui lui donnait l’apparence sage et calme de mon défunt père. C’était tout ce qui était venu de ma famille pour m’accueillir après toutes ces années d’exclusion.
Je ressens cet espace autour de moi et la douce caresse du soleil sur ma peau. Je respire la liberté…enfin…
Combien de temps me reste-t-il à vivre encore ? Que me reste-t-il à vivre ?
Certainement pas assez pour panser les blessures de mon corps et de mon âme.
Soudain un vertige me pris, un gouffre qui s’ouvre sous mes pieds…je me rends compte que je suis étranger à cette vie. J’ai presque envie de retourner me réfugier dans ma cellule où j’ai laissé mes mémoires gravés avec mes ongles sur ses parois mousseuses.
Je n’appartiens plus à cette vie, je suis étranger à ces immeubles interminables, à ces paysages européanisés qui défilent derrière la vitre grande ouverte de cette voiture…
Ces nombrils exposés aux regards, ces visages fardés et ces cheveux hérissés au gel…cette jeunesse perdue.
Est-ce là la démocratie que j’ai payée de ma vie ?

11.06.2006

Episode 0 - Black-out

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Black-out
J’ai beau ouvrir les yeux, gesticuler dans tous les sens, rapprocher mes mains de mon visage jusqu’à ce qu’elles touchent mon nez, mais je ne voix rien, je ne ressens rien. A peine un vide dans l’estomac et les poumons, comme si on m’avait vidé les entrailles. Et puis ce goût de plâtre dans la bouche.
Je fronce les sourcils pour essayer d’attraper un petit bruit, un froissement de tissu, une respiration, n’importe quoi. Mais rien.
Serai-je morte ?
Je souris à l’idée du long cobra qui vient nous mordre la langue une fois dans la tombe pour nous punir des médisances qu’on a pu proférer de notre vivant, et je ne peux m’empêcher de frissonner à cette idée…
Soudain je ressentis comme un coup de point violent dans en plein poumons, et des voix lointaines :
« Houda…tu m’entends ??? »
« Elle ne réagit pas… »
Mais qu’est ce qu’ils ont tous à tournoyer tout excités ? Et qu’est ce que ça pourrait bien vouloir dire tout ce charabia ?
Je suis dans un hôpital, je peux le dire à l’odeur de l’éther qui m’entaille les narines…et aux souvenirs qui m’envahirent tout d’un coup.
J’ai trébuché, au mauvais endroit et au mauvais moment. Et l’engin n’a pas pu m’éviter.
Un accident comme s’en produisent des centaines par jour.
Et là je suis dans un hôpital, « luttant » entre vie et mort…mais sans volonté aucune de prendre parti pour l’une ou l’autre. J’aime bien cet état d’apesanteur, ce coma qui me laisse dans un noir absolu, dans une existence en marge de la vie.
Et je flottais, des heures et des heures durant, sans penser à rien, sans percevoir le moindre son. J’étais enfin totalement seule.
Au bout d’un certain temps, quelques heures ou quelques jours, je ne saurais le dire exactement, je me mis à me demander où cette errance pourrait bien m’emmener…
« Yo petite, tu te demandes ce que tu vas bien pouvoir faire de tes longues journées de coma ?? »
On dirait la voix de mon grand père décédé quand je n’avais pas atteint les trois ans. C’est insensé puisque je ne me souviens pas de sa voix et qu’il est impossible qu’il me parle en commençant sa phrase avec un « YO » !!!
« Je sais ce que t’es entrain de te dire dans ta tête…mais petite, même si je ne suis que le fruit de ton imagination, sache que ce que je te dis là est vrai !
Tu es là parce que tu refuses de vivre, parce que tu n’aimes pas ta vie et que tu t’en trouves indigne. Tu te trouves moche, stupide, inculte et malheureuse…
Puisque tu te crois malheureuse, eh ben c’est l’occasion pour toi de vivre plus heureuse…Dans la peau d’un ou d’une autre.
Voilà, tu partiras à la recherche de ton bonheur que tu crois pourvoir trouver chez les autres…
Et tu as intérêt à le trouver ce bonheur, car tant que tu ne l’auras pas trouvée cette fameuse paix de l’âme, ton corps restera prisonnier de ces appareils de respiration artificielle et de ces murs blancs…
Que ta quête commence !!!»
Je n’ai pas eu le temps de réagir que la voix avait déjà disparu et que le calme absolu envahit de nouveau l’espace qui m’entoure…mais dans ma tête une tempête de questions avait éclaté.
Et de nouveau…black-out !!!

09.06.2006

Une leçon de piano

Ton regard plongé dans le mien, tendre gamme en si mineur, triste et solitaire
Ta caresse sur ma joue, une mélodie. Piano, pianissimo
Et ton rêve que tu chuchotes, au creux de la nuit et de mon oreille
Ta main le long de mon échine, forte, crescendo
Une arpège en la majeur, gaie et hardie
Et cette syncope qui sautille, d’une noire pointée à une croche
La partition continue
Se déroule sous mes pas comme ce sol qui se dérobe
Comme ton souffle qui se ballade

Une leçon de piano, que j’apprendrai pour la vie
Un cours de sensations, une dictée de sons
Et une passion gravée sur ma chair


En mémoire des leçons de piano sur le pc de onetekila...si tu me lis ;)

07.06.2006

The others

Ils devraient être morts et enterrés, à peine des souvenirs que l’on sort d’une boîte de temps à autre pour se remémorer le bon vieux temps. Et pourtant, il y en a qui restent. Ils sont là, on continue à les voir dans les lieux qu’on a eu l’habitude de fréquenter, dans un mot, dans un geste…et le tout revient. On se rend vite compte qu’ils ne sont pas morts, mais bien vivants. Oui, ces sentiments qu’on a cru, espéré enterrer sont bien vivants, et ne cessent de nous torturer.
Quand on rencontre quelqu’un, c’est un peu la même chose. Peu de temps s’en faudra avant que l’on se rende compte qu’il y a des « autres ». Ils n’ont peut être pas de preuve d’existence matérielle, pas de cicatrice visible, pas de manifestation sensorielle ; mais ils sont bien là, dans le regard absent que l’on entraperçoit dans les yeux embués de l’autre, dans le soupir brûlant qu’il laisse échapper presque malgré lui… dans ses fous rires inexpliqués. Et on finit par voir qu’il est possédé.
Moi j’ai longtemps été une « autre » sans m’en apercevoir.
C’était il y a deux ans. Une amourette de pas plus de deux mois, ou alors l’ébauche d’un amour. AY était LE rifain, impressionnant par son calme, son raisonnement toujours bien soutenu et son ton de parole régulier et apaisant.
Parce que j’étais trop jeun et con ou parce que je n’avais pas osé m’attacher à l’époque, cette histoire était morte au berceau. Du moins c’est ce que je croyais…mais un an après, AY m’appelle simplement pour demander de mes nouvelles et me souhaiter un joyeux anniversaire. Il s’était rappelé de la date de mon anniversaire et je me suis rendue compte que peut être pour lui cette histoire n’était pas vraiment terminée. Il avait porté mon fantôme en lui pendant tout ce temps…
Je pense que s’il m’avait appelé, c’était justement pour exorciser cette « autre » qu’était mon souvenir et reprendre son chemin.
Mais en faisant cela, il m’avait légué son fantôme à lui dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Et soudain je me remis à penser à ce jour où il m’avait tenu la main pour traverser la rue, son demi-sourire et son regard perçant…
Je suis bien consciente que ce n’est que l’effet de l’inachevé, de l’inaccessible sublimé par mon imagination, mais reste-t-il que chaque fois que je pense à cette personne, j’ai le souvenir de quelqu’un de bien, vous savez, ces personnes qui passent paisiblement sans créer de grandes vagues, mais qui laissent un souvenir si agréable que l’on sourit simplement à chaque fois que l’on y repense.
Aujourd’hui, presque un an après, j’en reparle pour la première et la dernière fois, en espérant apaiser la voix de cet « autre » qui résonne tout au fond de moi.

04.06.2006

Et si la fin était tout de même heureuse ??

Elle a fini par faire ce qu’elle voulait, chanter du blues…il a finit par trouver une compagne pour la fin de ses vieux jours…ils ont fini par retrouver leur enfant…
Et pourtant aucun n’a gardé l’amour qui aurait pu le rendre heureux.
« Happy endings », des fins heureuse ? Pas tant que ça !!
Un film avec une bande son extraordinaire, une mise en scène très originale et des émotions étouffées, condensées et distillées dans un enchaînement captivant des évènements.
A la fin, je me suis retrouvée à ressasser dans ma tête un tas de questions, aurait-il fallu qu’ils se battent plus pour leurs rêves et leurs amours ? La vie est-elle simplement injuste ? Ou faut il capituler et accepter son sort aussi imparfait soit-il ?
Vivre avec ses regrets, mais vivre tout de même. Serait-ce le message adressé par ce film ?
De ce film, j’ai préféré ne retenir que la performance magistrale de Maggie Gyllenhaal et son interprétation plutôt réussie de « just the way you are ».
Moi je ne renoncerai pas à mes rêves. Ce n’est pas parce que je suis tombée une fois qu’il faudrait que je reste par terre …
Et puis si la fin n’est pas si heureuse que ça, je me serais au moins battue jusqu'au bout.

Houda…gladiateur lol

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