« Episode 0 - Black-out | Page d'accueil | Episode 2 - Life must go on… »

12.06.2006

Episode 1 - Au nom de la démocratie

Warning: all events and characters contained in the following text are mere imagination. Any resemblance with reality is JUST a haphazard…believe me…

J’ouvre les yeux difficilement, un éclat éblouissant m’aveugle. C’est à peine si je tiens sur mes jambes. Je me sens nager dans ces habits délavés qui égratignent ma peau. J’essai d’avancer et je sens mes épaules qui ploient sous un poids invisible.
Dans un premier temps, je ne vois que le noir comateux de ma chambre d’hôpital et cette voix qui me parvient en échos de loin… « Que la quête commence… »
Et puis les souvenirs me submergèrent. L’éclat d’une manifestation, des pamphlets distribués en cachette et le poing d’un agent de l’ordre sur ma figure…
Ensuite une éternité de moisissure dans deux mètres carrés. Des douches froides à minuit et des chiottes au bout du nez. Et ces nuits qui se mêlaient aux jours sans que je ne puisse distinguer l’un de l’autre. De longues longues minutes à me demander si mon tort était passible de cette torture.
J’y suis entré anonyme, et ainsi j’en ressors. Cette petite porte qui s’ouvre au cœur de cet énorme portail métallique pour laisser filtrer les anciens détenus au compte goutte, je la traversais pour les voir debout à quelques mètres de moi.
Latifa ma sœur ne tenait déjà plus sur ses jambes. Said luttait contre des larmes qui fuyaient malgré ses efforts désespérés pour les retenir. Et Mohamed mon grand frère avec une barbe blanche qui lui donnait l’apparence sage et calme de mon défunt père. C’était tout ce qui était venu de ma famille pour m’accueillir après toutes ces années d’exclusion.
Je ressens cet espace autour de moi et la douce caresse du soleil sur ma peau. Je respire la liberté…enfin…
Combien de temps me reste-t-il à vivre encore ? Que me reste-t-il à vivre ?
Certainement pas assez pour panser les blessures de mon corps et de mon âme.
Soudain un vertige me pris, un gouffre qui s’ouvre sous mes pieds…je me rends compte que je suis étranger à cette vie. J’ai presque envie de retourner me réfugier dans ma cellule où j’ai laissé mes mémoires gravés avec mes ongles sur ses parois mousseuses.
Je n’appartiens plus à cette vie, je suis étranger à ces immeubles interminables, à ces paysages européanisés qui défilent derrière la vitre grande ouverte de cette voiture…
Ces nombrils exposés aux regards, ces visages fardés et ces cheveux hérissés au gel…cette jeunesse perdue.
Est-ce là la démocratie que j’ai payée de ma vie ?

Commentaires

et qui t'as demandé de te battre? lol

Ecrit par : Onetekila | 12.06.2006

bon maintenant je vais être plus sérieuse. on n'a pas besoin d'être emprisonné pour se rendre compte de certaines choses. des fois, on sort de soi même, et on a une sorte de prise de conscience atroce. on voit autour de nous avec d'autres yeux. et on se demande dans quel monde on vit, dans quelle vie on évolue, et vers quelle évolution on veut aller.
on se rend compte qu'on se laisse vivre, sans vraiment savoir où on va.

Ecrit par : Onetekila | 12.06.2006

tu sais c'est LA question: se laisser vivre puisque le combat est vain, ou continuer à se battre envers et contre tous...avec la foi ferme et secrète que ça paiera un jour, pour nos enfants peut être

Ecrit par : houda | 12.06.2006

se laisser vivre et essayer d'en profiter a max sans ce prendre trop la tete!!!!
la vie est trop courte, et des fois je me dis j'ai pas du tout envie de la quitter !

Ecrit par : mysty | 12.06.2006

Houda dis pas que c'est de l'immagination (quelque chose me dit ...)
ecoutes j'aime bien cette thématique du "temps qui reste" , à mon simple avis faut pas le gaspiller à guerir les blessures du corps et coeur . A Quoi bon?

Larbi ... fataliste

Ecrit par : Larbi | 12.06.2006

Bon courage.
Pour avoir parcouru quelques uns de vos blogs (je pense à houda et onetekila), je me dis que malgré tout vous êtes de sacrés bouts de femmes.
Malheureusement, souffrir, c'est parfois la preuve qu'on existe réellement. C'est aussi le gage qu'on saura reconnaître le bonheur quand il se (re-)présentera à notre porte.
Pour reprendre ta thématique du temps qui reste, soulignée par Larbi et qui m'a touché aussi, je finis ce petit comment par une citation de Virginia Woolf dans le monument cinématographique The Hours :
"Dear Leonard, always to look life in the face. Always, to look life in the face. And to know it, for what it is, and at last, to know it, to love it, for what it is, and then... to put it away. Leonard, always the years between us, always the years... Always the love, always... The Hours."
A bon entendeur... :)

Ecrit par : alitoch | 13.06.2006

mysty : ton post sur le compte en banque fait de secondes me marque encore :)

larbi : larbi fi baytina? ya mar7aba, ya mar7aba :) et puis le fait de renoncer à panser ses blessures ne relève pas forcément du fatalisme..on est tentés d'arranger son passé pour mieux vivre son futur avant de comprendre que le passé, aussi amer soit-il, ne peut être évité mais tout au plus accepté et dépassé

alitoch: welcome l'ami. de sacrés bons bout de femmes? certainement :) et puis j'ai pas encore vu le film de virginia wolf(surtout avec kidman oscarisée!!), j'aurais aimé lire le bouquin d'abord...

Ecrit par : houda | 13.06.2006

Tout le monde te dira que je suis le bloggeur sans émotion.
et ton texte porte beaucoup d'émotion,

j'ignore les causes et toute l'histoire qui a mené à cette détention
mais jusqu'à la dernière goûtte de mon sang, j'irai au bout de mes combats (mes rêves aussi)
c'est peut etre là le bonheur, et le sentiment de n'avoir rien gaché

Ecrit par : le mythe | 14.06.2006

euhhh c le blog a ki au juste?

Ecrit par : Bsima | 14.06.2006

lol j'ai aimé la réaction de Bsima ^^.
sinon le texte (basé sur de l'imaginaire) je l ai bien aimé aussi.
bonne chance Neverlandish

Ecrit par : Oussama & Hamida | 14.06.2006

HAPPY BIRTHDAY TO YOU Wish u the besssssssssssssssssst

Ecrit par : Tima | 16.06.2006

HAPPY BIRTHDAY TO YOU Wish u the besssssssssssssssssst

Ecrit par : Tima | 16.06.2006

Tima: Aucune chance que tu oublies :) merci beaucoup timette

le mythe : "le bonheur est le sentiment de n'avoir rien gaché"...et la vérité dans tout ça??? ;)

ouss: ravie que le texte t'ait plu (oui, basé sur de l'imaginaire)

Bsima : nti m3ana oula m3ahom??

Ecrit par : houda | 16.06.2006

Ana m3a sba3 :)))

Ecrit par : Bsima | 27.06.2006

Ecrire un commentaire