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31.03.2006
A la gloire du chevalier blanc
Il était une fois, un beau royaume, où les orangers produisaient des clémentines bien juteuses, où les oliviers donnaient de l’huile pure et précieuse et où les montagnes et les villages cachaient jalousement leurs trésors au fond des maisons.
Mais cette ère de la pureté et de la naïveté dut s’éteindre, car le vieil oncle SAM avait rivé les yeux sur ces terres inexplorées. Alors il y expédia ses chanteurs, danseurs et créateurs de mode. Dans chaque, foyer, chaque établissement, on pouvait voir le sourire moqueur de cet oncle SAM. Souvent, on pouvait même le voir dans les rastas des jeunes musiciens, sur les tatouages des bad boys et les piercings des adolescentes.
Le beau et paisible royaume était devenu corrompu par le désir de ressembler aux belles libanaises (qui ressembles aux chicas des usa) et aux beaux américos.
Et dans cette ère ténébreuse, un chevalier est apparu. Il n’avait pas vraiment l’air d’un chevalier avec l’armure et tout et tout… il passait presque inaperçu. Et pourtant il avait en lui une foi ardente en le bien et il était décidé à combattre le mal et accomplir son destin glorieux.
Il était immunisé contre le phénomène SAM pour l’avoir étudié de près, il connaissait même son langage et sa science…
Alors il décida d’aller à la recherche de la source pure. On lui avait assuré qu’elle existait, même dans la jungle sauvage blanche il pouvait la découvrir s’il ouvrait grand les yeux.
C’est ainsi qu’il s’arma de prudence, d’exigence et de beaucoup de patience, et partit à la conquête de la source pure.
Il marcha longtemps, trempa les pieds dans de petits ruisseaux, s’immergea dans des lacs limpides et s’engouffra sous des chutes d’eau…il a accompli sa traversée du désert en pleine jungle, cherchant désespérément cette fameuse eau limpide et gardant au fond de lui un espoir secret de la trouver un jour.
Et c’est au moment où il allait y renoncer que j’ai croisé son chemin. Eh oui, au cas où personne ne s’en serait rendu compte (comment on aurait pu deviner, que je suis bête), je suis la goutte de rosée qui est restée accrochée à une feuille et qui luttait contre les doux rayons de soleil qui menaçaient de me transformer en vapeur.
Je disais donc que je croisai le chemin du vaillant chevalier blanc au moment où il jetait son armure à terre, et s’apprêtait à quitter la jungle blanche (je sais, bezzaf…mais que voulez-vous ? le blanc c’est tendance cet été).
Je l’ai interpellé parce que j’ai vu dans son regard une détermination rare et une âme généreuse. Je l’ai arrêté aussi parce que je savais ma fin très proche : toute petite gouttelette que j’étais, je ne devais plus espérer grand-chose de cette vie.
Je murmurai à son oreille une triste litanie et une prière de me sauver de l’oubli. Ma hantise était de mourir oubliée comme je vécu oubliée. Il posa l’œil sur moi. J’ai cru voir une seconde l’éclat d’une flamme, d’une passion ravivée, mais il se rendit bien vite compte que ce n’était que moi. Et moi je n’avais que très peu à donner au voyageur assoiffé qu’il était.
C’est alors qu’il me révéla dans un doux mélange de rage et de tristesse l’objet de sa quête.
A ce moment là, je compris que mon salut était entre ses mains, et dans son cœur.
« La source pure existe bel et bien, j’en viens moi-même. Je ne saurais te dire où elle se trouve exactement, elle se fait tellement discrète et précieuse par peur que les yeux des gens ne la souillent par trop de convoitise. Mais je pourrais t’accompagner dans ta quête, un court moment, certes -car disparaître est mon destin incontournable- mais je serai là quand tu n’y croiras plus pour te redonner foi. Tout ce que je te demande c’est une paroi infime de ton cœur pour y graver mon épitaphe. Rien qu’un petit mot pour m’assurer l’éternité. »
Il me sourit, me pris dans sa main, et avança d’une démarche énergique et déterminée. Mais il ne me dit rien. Alors moi j’espère que je serai tout de même sauvée de l’oubli, et en attendant le jour où la chaleur aura raison de moi, où je m’éloignerai vers les cieux, je me raccroche à ses doigts.
18:45 Publié dans Echos in my head | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Mon premier com est un preums:)
Ecrit par : Tohlob | 01.04.2006
